Bouygues Immobilier

Le point sur l'actualité immobilière avec Jean-François GABILLA - 15 July 2008




Jean-François Gabilla, Président de la Fédération des Promoteurs Constructeurs, analyse le contexte actuel du marché immobilier et nous donne ses conseils pour acquérir un logement dans les meilleurs conditions.

Les prix de l’immobilier baissent-ils réellement ?

« Les prix de l’immobilier neuf connaissent une légère baisse depuis le début de l’année, mais il ne s’agit pas d’une tendance majeure. Ce phénomène est davantage lié aux efforts commerciaux des promoteurs qu’à un réel recul du marché. En France, l’offre de logements ne répond qu’en partie à la demande : il n’y a pas de raison pour que les prix baissent significativement… »

La situation est-elle similaire dans toutes les régions françaises ?


« La situation est très différente d’une région à l’autre. En Ile-de-France, l’offre de logements est bien inférieure à la demande, ce qui engendre une hausse des prix. Les régions du Nord ne sont pas soumises à un tel écart : l’offre et la demande s’équilibrent. Le Sud, l’Ouest et la région Rhône-Alpes connaissent un afflux de population : la forte demande maintient les prix à un niveau élevé. »

La hausse du prix du baril de pétrole influence-t-elle les prix de l’immobilier ?

« La hausse du prix du baril agit d’abord directement sur le coût de certains matériaux dérivés du pétrole, comme le PVC par exemple. Mais elle augmente surtout le coût des transports, qui se répercute automatiquement sur le prix au m2.
Il faut également envisager les conséquences indirectes : la hausse du prix du baril diminue le pouvoir d’achat des ménages. Aujourd’hui, les acheteurs sont obligés de prendre en compte la distance entre leur logement et leur lieu de travail dans l’analyse de leur capacité d’emprunt. C’est la raison pour laquelle les maisons individuelles situées à l’écart des villes connaissent moins d’engouement. »

La situation du marché français de l’immobilier est-elle comparable à celle des marchés britanniques, américains et espagnols, qui connaissent un phénomène de baisse de prix ?


« Non, la situation n’est pas comparable. La différence entre la France et ces marchés réside principalement dans la nature du financement bancaire. En France, les banques prêtent en fonction du revenu de l’acheteur. Tandis qu’en Espagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les prêts sont accordés en fonction de la valeur du bien immobilier : en cas de baisse des prix, la situation devient vite critique. De plus, en France, 85 % des prêts souscrits sont des prêts à taux fixe, qui offrent de meilleures garanties que les taux variables. »

Dans le neuf, la baisse des prix ne se fait-elle pas au détriment de la qualité des logements ?


« Non, la baisse des prix dans le neuf n’a pas d’implication directe sur la qualité des logements. »

Quelles sont les perspectives d’évolution des coûts de l’immobilier en France sur les prochains mois ? Et à plus long terme ?

« Les prix de l’immobilier ne devraient pas évoluer outre mesure. D’ici fin 2009 - début 2010, on pourrait assister à une stagnation. Les besoins en construction en France avoisinent les 500 000 logements : une baisse significative des prix n’est donc pas réaliste. L’offre de logements n’est pas assez conséquente ! En fait, je redoute davantage une pénurie de logement qu’un effondrement des prix. »

Si j’achète aujourd’hui, mon bien immobilier conservera-t-il la même valeur à long terme ? Puis-je envisager de réaliser une plus-value dans les années à venir ?

« Il est difficile d’être devin en la matière. Toutefois, sur le long terme, on n’a jamais vu les prix de l’immobilier s’effondrer ! C’est d’autant plus vrai quand l’investissement est bien situé et la construction de qualité… La preuve : après la crise du logement des années 1990, les prix sont remontés en seulement quelques années ! Sachant que la France connaît une légère inflation et que le nombre de ménages augmente, le dynamisme du marché immobilier devrait perdurer. »

Est-ce le bon moment pour revendre un bien immobilier ? Quels sont vos conseils pour optimiser cette transaction ?

« Besoin d’une plus grande surface, mutation, divorce, études d’un enfant ? C’est l’analyse de vos besoins qui dictera la revente de votre logement.
Sachez toutefois que le marché a beaucoup évolué en 6 mois. Si vous décidez de mettre un logement à la vente, je vous conseille de faire une analyse sérieuse afin de déterminer un prix de vente admissible pour le marché. »