Loyer de référence majoré

Le loyer de référence majoré est un dispositif d’exception appliqué, pour le moment, à Paris et à Lille. Correspondant à la valeur maximale que vous pouvez fixer pour le loyer de votre logement, il se distingue d’un dispositif plus global, lié à l’encadrement des loyers. Quelles sont ses spécificités, et comment ce dispositif est-il mis en place dans les agglomérations concernées ? Nous faisons un point
complet sur la notion de loyer de référence majoré.

loyer de reference majore

Le loyer de référence majoré est un dispositif d’exception appliqué, pour le moment, à Paris et à Lille. Correspondant à la valeur maximale que vous pouvez fixer pour le loyer de votre logement, il se distingue d’un dispositif plus global, lié à l’encadrement des loyers. Quelles sont ses spécificités, et comment ce dispositif est-il mis en place dans les agglomérations concernées ? Nous faisons un point
complet sur la notion de loyer de référence majoré.

Les caractéristiques du loyer de référence majoré

L’évolution des lois concernant les zones « tendues »

Dans certaines zones dites « tendues », il existe un déséquilibre important entre l’offre et la demande de logements. Par conséquent, le montant des loyers connaît de fortes hausses, entraînant de sérieuses difficultés d'accès au logement pour une partie de la population.


Pour résoudre cette situation, le gouvernement a d’abord créé la loi Alur, loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové, permettant l’encadrement des loyers. Ce dispositif, testé à Paris entre 2015 et 2017, puis à Lille en 2017, a depuis été invalidé par décision de justice fin 2017.


En 2018, un nouveau dispositif expérimental de plafonnement des loyers a vu le jour, instauré par la loi Élan et portant sur l’Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique. Ce système permet aux villes volontaires de décider du montant d’un loyer de référence, d’un loyer de référence majoré et d’un loyer de référence minoré. Ces montants sont fixés par arrêté préfectoral chaque année.

Bon à savoir

Le dispositif d’encadrement des loyers consiste à freiner les augmentations de loyer, tandis que le loyer de référence majoré fixe le montant du loyer à ne pas dépasser (système de plafonnement). Dans les zones où le loyer de référence majoré s’applique, les villes devront également respecter l’encadrement des loyers.

Comment est calculé le loyer de référence majoré ?

Si vous faites partie d’une zone concernée, vous devez fixer un loyer compris entre le loyer de référence, minoré de 30%, et le loyer de référence, majoré de 20%

Les montants des loyers de référence, majorés et minorés, sont eux déterminés en fonction du type de location, du nombre de pièces, de l’époque de construction ainsi que du secteur géographique. Par exemple, à Paris, un découpage en 80 quartiers administratifs a été établi.


Quels sont les logements concernés ?

Les mesures liées au loyer de référence concernent les logements utilisés en tant que résidence principale ou mixte (usage professionnel et habitation). Il peut s’agir de locations meublées ou non meublées.


Quand est-il applicable ?

Le loyer de référence majoré concerne les nouvelles locations. Il s’applique dès que le montant du loyer de référence est connu. En ce qui concerne les logements déjà loués, il entre en vigueur uniquement lorsque le bail de location est renouvelé. Autrement dit, il ne s’applique pas de manière rétroactive sur les baux signés avant la mise en place de la loi.

Le saviez-vous ?

Si vous faites partie d’une agglomération non concernée par l’encadrement du niveau des loyers, vous êtes libre de fixer le montant de votre loyer, peu importe le type de location (nue ou meublée).

Quelles sont les villes concernées par le loyer de référence majoré ?

Parmi les zones tendues, deux villes ont choisi de réactiver la régulation des loyers à l’aide de ce dispositif expérimental : Paris, depuis le 1 er juillet 2019 et Lille, depuis le 1 er mars 2020. Hellemmes et Lomme, deux villes associées à l’agglomération lilloise, sont également concernées.

Ce dispositif s’applique aux nouveaux baux, aux renouvellements de baux et aux baux mobilité
(contrat de location à courte durée visant à faciliter l’accès au logement des personnes en formation, en stage ou en déplacement professionnel temporaire).


Sont exclus de ce dispositif :

 

  • À Paris : les biens HLM, les logements en loi de 48, les logements privés conventionnés APL (biens dont le montant du loyer est plafonné et pour lesquels le locataire ne peut excéder un certain plafond de ressources), les logements de fonction, les locations touristiques ainsi que les meublés en résidences services.
  • À Lille : les logements conventionnés par l'Anah (Agence nationale de l’habitat), les logements soumis à la loi de 1948, les logements HLM, les locations de tourisme et les sous-locations.

Dépassement d'un loyer de référence majoré : quand est-ce autorisé ?

En théorie, vous devez obligatoirement respecter les plafonds de loyer, au risque d’être passible de sanctions définies par le décret n° 2019-437 du 13 mai 2019. Néanmoins, vous pouvez louer votre logement à un prix supérieur au loyer de référence majoré (plafond théorique maximum), grâce au complément de loyer.


Cette notion, qui consiste à fixer un surplus entre le loyer de référence majoré et le loyer souhaité, est légale, mais encadrée par l’article 3 du décret du 10 juin 2015 (modifié par le décret n° 2019-437 du 13 mai 2019). Ainsi, la loi précise : « Un complément de loyer peut être appliqué au loyer de base [...] pour des logements présentant des caractéristiques de localisation ou de confort le justifiant, par comparaison avec les logements de la même catégorie situés dans le même secteur géographique. »

Le complément de loyer peut donc s’appliquer si vous estimez que :

 

  • Votre logement dispose de certaines caractéristiques de confort ou de localisation supplémentaires, par rapport aux biens de même catégorie situés dans le même secteur géographique ;
  • Et que ces éléments n’ont pas été pris en compte lors de la fixation du montant du loyer de référence.

Il doit s’agir de caractéristiques exceptionnelles (notion de rareté) et déterminantes, c’est-à-dire non accessoires. À titre d’exemple, une vue dégagée sur un monument, un jardin ou une terrasse, une hauteur sous-plafond de plus de 3.30 m ou encore des équipements luxueux (sauna, home cinéma, etc.). Néanmoins, les travaux de réfection d’un bien en location ou la présence d’une cuisine bien équipée ne constituent pas de motifs valables pour prétendre à un complément de loyer. Notez également qu’un équipement de la copropriété qui serait déjà payé par le locataire, à travers les charges, ne pourra constituer une caractéristique exceptionnelle.


Ces prestations particulières doivent être obligatoirement indiquées dans le contrat de location. Si le locataire estime que ce complément de loyer est injustifié, il peut en contester les faits. Il a alors trois mois, après la signature du bail, pour se manifester devant la commission départementale de conciliation des loyers. En réalité, le complément de loyer est une notion qui reste encore floue. Les critères justifiant de la hausse d’un loyer n’ayant pas été clairement définis, vous devez donc les manipuler avec précaution.

À Paris et à Lille, vous devez donc fixer un loyer compris entre le loyer de référence minoré et le loyer de référence majoré. Certaines situations exceptionnelles peuvent néanmoins être retenues pour prétendre à un complément de loyer.