Les prix de la taxe d’habitation par ville

La taxe d’habitation est un impôt local, dont le montant varie selon les communes. Comment expliquer les écarts de montant entre les différentes taxes d’habitation ? Quelles influences ont le quartier, le bâtiment, l’époque de construction ? Décryptage du mode de calcul d’un des impôts les plus anciens et les plus complexes de l’Hexagone. 

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La taxe d’habitation est un impôt local, dont le montant varie selon les communes. Comment expliquer les écarts de montant entre les différentes taxes d’habitation ? Quelles influences ont le quartier, le bâtiment, l’époque de construction ? Décryptage du mode de calcul d’un des impôts les plus anciens et les plus complexes de l’Hexagone. 

La taxe d'habitation : un impôt local

Destinée à alimenter les caisses des collectivités locales, la taxe d’habitation est en grande partie déterminée par le vote des municipalités. Seuls les abattements pour charge de famille sont obligatoires et imposés par l’administration fiscale pour l’ensemble du territoire. Les mairies sont ensuite libres de décider des différents paramètres qu’elles appliquent, à savoir :

– Le taux d’imposition, qui est voté chaque année. Il va de 13 % pour la taxe d’habitation à Paris à 36 % pour la taxe d’habitation à Strasbourg voire 45 % pour la taxe d’habitation à Lille, qui applique le taux le plus élevé.

– Les abattements facultatifs, également votés chaque année. Ils comprennent :

  • L’abattement général à la base, d’une valeur de 1 à 15 %, qui peut s’appliquer pour tous les contribuables

  • L’abattement sous conditions de ressources, d’une valeur de 1 à 15 %.

  • L’abattement spécial pour les personnes invalides, d’une valeur de 10 % à 20 %.

Les décisions des mairies peuvent peser lourd dans le montant final de cet impôt. L’importance des écarts entre les montants payés d’une ville à une l’autre sont une des raisons de la suppression annoncée de la taxe d’habitation.

Pourquoi les montants de la taxe d'habitation varient selon les quartiers d'une même ville ?

Le calcul de la taxe d’habitation répond à un schéma assez complexe, qui repose sur la valeur locative cadastrale d’un logement. Cette valeur locative cadastrale, établie en 1970, prend en compte des paramètres liés au logement (surface, et éléments de confort), mais également des données sur le quartier.

Les valeurs de 1970 sont actualisées par des coefficients, mais n’ont jamais été entièrement remises en cause. Certains immeubles ou quartiers ont ainsi été remodelés sans que leur valeur cadastrale n’augmente, alors que d’autres se sont plutôt dépréciés et conservent une valeur cadastrale haute, liée à des éléments de confort rares dans les années 70, mais qui se sont depuis généralisés. C’est un des problèmes de la taxe d’habitation à Marseille, qui affiche des montants très proches quels que soient les quartiers.

Les quartiers les plus cotés aujourd’hui sur le marché de l’immobilier ne sont pas forcément ceux qui ont la valeur cadastrale la plus haute.

Les prix moyens de la taxe d'habitation selon les villes

Les chiffres moyens des taxes d’habitation montrent de fortes disparités entre les villes. La réforme de la taxe d’habitation vise à mettre fin à l’injustice de cet impôt, qui grève les budgets des habitants de certaines communes plus que d’autres. En moyenne, avant la réforme, la taxe d’habitation coûtait autour de 1000 euros par an aux foyers, avec de fortes variations locales. Un couple avec deux enfants habitant un logement confortable payait en 2016 :

– 1285 € de taxe d’habitation à Montpellier

– 1281 € de taxe d’habitation à Rennes

– 1242 € de taxe d’habitation à Bordeaux

– 1137 € de taxe d’habitation à Nantes

– 1080 € de taxe d’habitation à Toulouse

– 1006 € de taxe d’habitation à Lille

– 963 € de taxe d’habitation à Lyon

– 481 € de taxe d’habitation à Paris

La réforme permet de diminuer fortement les inégalités locales face à la taxe d’habitation, répondant à la volonté d’équité devant l’impôt. Définitivement supprimée en 2023 pour tous les Français, la taxe d’habitation ne sera pas remplacée. Les communes bénéficieront du report d’autres recettes fiscales pour alimenter leurs caisses.